Scientificité en questions

ENTREE THEMATIQUE - SCIENTIFICITE EN QUESTIONS

Articles de cette entrée thématique : * La recherche-action : un contre-projet scientifique ?  * Recherche-action et autres formes de recherches atypiques : scientificités et pertinences en question  * Sur quelques objections courantes à l'encontre des recherches-actions participatives

Références bibliographiques Pour aller plus loin 

La recherche-action : un contre-projet scientifique ?

Par Stéphane Rullac, professeur en innovation sociale à la Haute école spécialisée de Suisse occidentale/Haute Ecole de travail social et de la santé de Lausanne

La Recherche-Action (RA) nécessite souvent de longs développements pour être bien comprise, alors que sa dénomination ne laisse planer aucun sur son ambition, même si ses modalités de mise en œuvre posent de nombreuses interrogations. Si le fait d'articuler la recherche et l'action est clairement formulé, autrement dit tenter de résoudre une problématique scientifique et un problème technique en même temps, pourquoi ce type de recherche interroge tant ? Pour le dire simplement la RA propose de défaire les postures épistémologiques que les fondateurs des sciences humaines et sociales modernes ont élaboré, en prenant notamment des distances avec des références centrales que sont la rupture épistémologique (Bachelard, Althusser) et la neutralité axiologique (Durkheim, Weber).

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Recherche-action et autres formes de recherches atypiques : scientificités et pertinences en question

Par René Knüsel, professeur à la Faculté des sciences sociales et politiques de l'Université de Lausanne (UNIL) &  Alain Kaufmann, directeur du ColLaboratoire, Unité de recherche-action, collaborative et participative (UNIL)

La recherche-action est encore largement contestée dans le monde académique ; son territoire, les méthodes auxquelles elle fait appel sont considérées comme peu valides et peu fiables. Les choses évoluent pourtant ces dernières années.

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Sur quelques objections courantes à l'encontre des RAP

Par Baptiste Godrie, chercheur au Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté (CREMIS) et professeur associé au Département de sociologie de l'Université de Montréal

Au cours des derniers mois, dans divers contextes universitaires, l'auteur a eu l'occasion d'échanger sur les recherches-actions participatives (RAP) avec des collègues qui n'en font pas ; il a  été frappé par certains de leurs commentaires et objections à l'égard de ce type de recherche, les plus courantes étant: « le problème avec la RAP, c'est que c'est une méthode de recherche qui peut servir à légitimer des décisions politiques, comme les partenariats entre le public et le privé »,« utiliser des techniques comme le photovoix, c'est faire de la RAP, non? », « Le risque, en faisant la promotion de la RAP, c'est d'ériger un gold standart un modèle de recherche qui n'est pas critique », ou encore « Pourquoi appeler les participant-e-s à une RAP des co-chercheur-e-s? Leurs tâches n'est pas égales à celles des universitaire! » Ce texte souhaite répondre à certaines de ces remarques qui reposent, d'après l'auteur sur plusieurs confusions quant à la nature et aux fins des RAP. Ces réponses ne prétendent pas à l'exhaustivité ; elles visent avant tout à alimenter le débat sur ces enjeux ainsi qu'à renforcer l'argumentaire en faveur des RAP.

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Pour aller plus loin...

Bonny, Y. (2015). Les recherches partenariales participatives : Ce que chercher veut dire. Les recherchesactions collaboratives : Une révolution de la connaissance, Presses de l'EHESP, p.36-43. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01639014/document

Bourgeois, L. (2016). Assurer la rigueur scientifique de la recherche-action. Carignan, isabelle, Beaudry, Marie-Christine, Larose, François (sous la dir.). La recherche-action et la recherche développement au service de la littératie. Les Editions de l'Université de Sharebrooke : Sharebrooke, p.6-20. https://savoirs.usherbrooke.ca/handle/11143/8807

Hooley, N. (2005). Participatory Action Research and the Struggle for Legitimation. The Australian Educational Researcher, 1, n°32, p.67-82. https://link.springer.com/content/pdf/10.1007/BF03216813.pdf

Joly, B. (1992). La recherche-action est-elle une méthode scientifique. Revue Internationale de Systémique, 4, n°6, p.421-433. http://www.res-systemica.org/ris/vol-06/vol06-num-04/ris-vol06-num04-p421-433.pdf

Liu, M. (1990). Problèmes posés par l'administration de la preuve dans les sciences de l'homme. Revue internationale de systémique, 2, n°4, p.267-294.

Meister, A. (1981). Quelques doutes à propos de la recherche-action. International Review of Community Development, 5, p.186–189. https://www.erudit.org/fr/revues/riac/1981-n5-riac02332/1034894ar/

Morin, A. (1985). Critères de « scientificité » de la recherche-action. Revue des sciences de l'éducation, 1, n°11, p.31–49. https://www.erudit.org/fr/revues/rse/1985-v11-n1-rse3539/900478ar/

Prud'homme, L., Presseau, A., & Dolbec, A. (2007). Une pratique réflexive de recherches “à trait d'union": quels enjeux scientifiques. Recherches qualitatives, Hors-série, 4, p.36-68. http://www.recherche-qualitative.qc.ca/documents/files/revue/hors_serie/hors_serie_v4/prudhomme_presseau.pdf

Rullac, S. (2011). De la scientificité du travail social. Quelles recherches pour quels savoirs ?. Pensée plurielle, 1, n°26, p. 111-128. https://www.cairn.info/revue-pensee-plurielle-2011-1-page-111.htm


 

 

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